BASSIN VERSANT

Le cycle de l’eau à l’échelle de bassins versants de référence d’un état naturel du milieu néocalédonien.

Des demandes de recherche sur les bassins versants, identifiées sur le territoire néocalédonien, soulèvent la problématique de l’état de référence des bassins versants dans des conditions les plus proches d’un état naturel hors activités anthropiques.

Le projet BASSIN VERSANT vise à :

  • définir un état de référence des eaux souterraines et superficielles, hors facteurs de forçage anthropiques, de bassins versants néocalédoniens ;
  • équiper 3 bassins versants de référence dans 3 contextes différents, à savoir dans les massifs miniers, des aquifères complexes de province Nord, des formations carbonatées des Iles Loyautés.

La vocation à disposer de bassins versants de référence et de ses outils dédiés à la connaissance de son fonctionnement, est d’initier un suivi patrimonial de la ressource en eau, qu’elle soit souterraine et/ou superficielle.

Le projet s’inscrit également dans une visée pédagogique avec un objectif de formation des acteurs néo-calédoniens de l’eau et des étudiants sur ce thème.

Les résultats du projet contribueront ainsi à la mise en cohérence thématique des réseaux d’acquisition de données de la ressource en eau (hydrologie, hydrométrie). et s’intègreront dans un cadre plus général pour élaborer un réseau de suivi et de gestion des eaux, souterraines et superficielles, pour l’alimentation en eau potable dont les cibles sont majoritairement associées aux aquifères alluviaux du territoire.

Durée de projet

Organisme porteur du projet
Porteur de projet
BRGM
Responsable scientifique
Porteur du projet
Vincent Mardhel
:
761 124
Partenaires associés

La problématique de l’état de référence des bassins versants dans des conditions les plus proches d’un état naturel hors activités anthropiques a été soulevée à plusieurs reprises par des projets de recherche.

Une première illustration de cette problématique touche au domaine minier et au fonctionnement de ces bassins depuis la mine jusqu’au lagon.

Il n’existe pas d’état de référence des bassins versants sur péridotites qui puisse guider la restauration des bassins versants miniers. Cette absence d’instrumentation sur le long terme d'un bassin versant non anthropisé sur péridotites grève l’évaluation de l’impact de l’activité minière sur l’eau, superficielle et souterraine, d’un point de vue qualitatif et quantitatif.

Autre illustration, celle de la Gestion Intégrée des Ressource en Eau (GIRE)

La GIRE suppose que soient pris en compte simultanément les éléments naturels (physiques,éco systémiques) et humains (économiques; sociaux, juridiques) des bassins versants.

Disposer de données pour mieux analyse impacts

Pour éclairer la décision en matière de GIRE sur un bassin versant, la recherche doit être en mesure d’établir :

  • l’état originel naturel du bassin ;
  • la situation actuelle de celui-ci ;
  • la prévision de l’adéquation entre ressources et usages.

Ces étapes passent par l’acquisition de :

  • données de références - un état initial
  • données de suivi - évolution au cours du temps de ces données de référence

Cet ensemble de données permettront d’alimenter des outils de modélisation numérique pour quantifier l’évolution du binôme ressources – usages selon divers scénarios, intégrant des contraintes climatiques, démographiques, économiques, réglementaires, etc.

Un suivi pérenne nécessaire

Des tentatives de suivi sur des petits bassins versants ont été initiées, elles ont démontré l’importance d’un suivi pérenne.

Ce temps long de suivi suppose des sites facilement accessibles et indépendants d’aléas liés à l’économie et à la politique des gestionnaires de sites, comme cela a été le cas sur le site de Poro. Dans le massif du Koniambo, les sites retenus l’avaient été au sein d'un massif minier pour lequel l'accès n'était pas autorisé en temps de pluie, ce qui a imposé de laisser entièrement reposer la collecte des données et des échantillons sur l'instrumentation en place dont la maintenance s’est révélée difficile.

Dans ces deux cas, ces projets se sont heurtés aux difficultés liées à l'accès à l'ensemble des sites ainsi qu'à la difficulté d’identifier un bassin versant non anthropisé.

La mise en place de réseaux de suivi des eaux souterraines et superficielles à vocation patrimoniale constituera la base de connaissance et de référence nécessaire aux études liées à la thématique de l’eau.

En contexte néo-calédonien, ces réseaux présentent des spécificités liées :

  • au contexte climatique ;
  • à la nature des formations géologiques ;
  • à la présence d’un exutoire remarquable que composent le lagon et l’étroite imbrication des enjeux et besoins autour de l’eau sur un territoire insulaire, comme la Nouvelle-Calédonie, soumis à de nombreuses contraintes.

Mieux comprendre l’état écologique naturel des milieux

La définition d’indicateurs sur l’état qualitatif et quantitatif des ressources en eau compose un élément indispensable à l’établissement des politiques publiques en matière d’eaux souterraines et superficielles dans les trois contextes visés, à savoir les massifs miniers, les aquifères complexes du Nord de l’île et les aquifères karstiques des iles loyautés.

La gestion de l’eau, dans un contexte de bassins versants où résident des conflits potentiels d’usages, suppose la maitrise des pressions sur la ressource et la compréhension du rôle des différents compartiments du BV (impluvium, transfert en surface et transfert via les aquifères) dans le temps et dans l’espace.

En contexte néocalédonien, l’équation élémentaire de la pluie reçue, dans un contexte naturel non anthropisé, n’est pas connue. Et pour autant, elle permettrait de comprendre l’impact des activités humaines sur le territoire et l’état écologique naturel des milieux.

Trois bassins versants retenus

Les spécificités du contexte géologique de Nouvelle-Calédonie justifient que soit retenu en premier lieu un bassin versant dans le contexte des massifs de péridotites. La difficulté majeure résidera dans l’identification d’un bassin versant hors influence anthropique.

Hors massif minier, le contexte des formations métamorphiques de la province Nord ou celles des formations basaltiques représente également des secteurs à fort déficit de connaissances en termes de ressources et de cycle hydrologique. Déficit de connaissances pour lesquels les situations critiques de sécheresses connues ces dernières années, justifient la mise en place de bassins pilotes afin d’établir les éléments nécessaires à la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) .

Le thème de l’eau, reconnu prioritaire dans le contexte insulaire des Iles Loyauté, justifie la recherche d’un site de références dans le contexte des aquifères karstiques de ces territoires. En l’absence d’écoulements de surface, la recherche et l’instrumentation d’une source karstique ou d’une doline en eau sera envisagée en lieu et place d’un limnigraphe.

Ainsi, la connaissance de l’état initial, «naturel», des bassins versants représentatifs des milieux naturels, pourra être utile à chaque projet en relation avec le cycle de l’eau en Nouvelle-Calédonie.

Le projet BASSIN VERSANT s’attèlera à définir les outils méthodologiques permettant la comparaison des sites à enjeux et des sites naturels pour établir d’éventuelles règles de gestion et de remédiation des milieux pour en préserver l’usage pour les générations futures.

Le programme vise ainsi à initier une base de données à vocation patrimoniale dans le domaine de l’eau. Cette base sera indispensable pour suivre et le cas échéant, anticiper, les effets du changement climatique tels qu’attendus dans les différents scénarii du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC).

Le choix du bassin versant et du site d’implantation de l’ouvrage feront l’objet d’une étude préalable du contexte hydrologique et hydrogéologique. Cette étude sera menée dans le cadre du CRESICA et avec une concertation ouverte à l’ensemble des acteurs de l’eau en Nouvelle-Calédonie avec la volonté de prendre en compte l’ensemble des problématiques sur le transect de la montagne au lagon.

La mise en place des outils, nécessaires à la compréhension du cycle de l’eau, reposeront sur l’exploitation de suivis :

  • limnigraphiques ;
  • piézométriques ;
  • météorologiques ;
  • flux de MES.

Parmi ces outils, l’investissement sur l’année 2017 d’un piézomètre du CRESICA, concourt à la réalisation de cet objectif pour une partie du suivi du cycle de l’eau. En 2018, les outils de suivis limnigraphiques et de l’ETP du bassin versant et par la suite, ceux permettant la quantification et qualification des MES, y seront alors associés.

La solution technique retenue visera à assurer la télétransmission des mesures piézométriques et limnigraphiques afin de réduire les coûts de fonctionnement de ces suivis.