Portrait d'Antsa Rakotonirina, doctorante à l'IPNC

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Portrait de la recherche
Antsa Rakotonirina

Antsa Rakotonirina est doctorante à l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie (IPNC). Découvrez son parcours en 10 questions.

1. Quel est votre parcours ?

J’ai fait toutes mes études à Madagascar. Dès ma licence, je me suis spécialisée en entomologie médicale et j’ai continué en master dans la même branche à Tananarive (capitale de Madagascar). J’ai réalisé également un stage bénévole de 4 mois à l’Institut Pasteur de Madagascar en 2013 entre ma 2ème et 3ème année de licence. Suite à ce stage, j’ai eu deux contrats à mi-temps de technicienne de laboratoire pendant ma licence et ma 1ère année de master, avant de faire mes stages de fin d’année toujours dans le même institut (licence et master). Par la suite, j’ai obtenu une bourse du Réseau International des Instituts Pasteur pour ma thèse à l’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie (IPNC). Je suis actuellement en 2ème année de thèse.

 

2. Quels sont vos domaines de recherches actuels ?

Je fais de la recherche en entomologie médicale, c’est-à-dire, sur l’étude des insectes vecteurs de pathogènes. Dans ma thèse j’ai deux grandes parties, la première consiste à identifier les moustiques par spectrométrie de masse MALDI-TOF. Dans cette partie, je crée une base de données permettant l’identification des moustiques, à partir de spécimens prélevés en Nouvelle-Calédonie, à Fidji, au Vanuatu et en Polynésie Française. La deuxième partie de ma thèse porte sur l’étude phylogénétique des Aedes du groupe scutellaris de la région Asie-Pacifique. L’objectif de cette partie est de vérifier une hypothèse selon laquelle les moustiques Aedes du groupe scutellaris trouvés dans le Pacifique viennent d’Asie et se sont diversifié à cause de l’isolement environnemental océanien.

 

3. Quels aspects considérez-vous comme les plus marquants de votre carrière ?

La qualité de la recherche pasteurienne m’a beaucoup marquée et encouragée à poursuivre dans cette voie. Il y a aussi la qualité relationnelle au sein du réseau qui facilite énormément les échanges et le développement de ses capacités. Tu es très bien encadrée, ce qui t’encourage à t’investir dans ton travail.

 

4. Quelles sont les applications de vos recherches ?

La première partie de ma thèse va apporter un renforcement des capacités d’identification des moustiques par l’utilisation de cet outil qu’est le MALDI-TOF.  Le MALDI-TOF pourrait ainsi être utilisée pouvant être utilisée dans le cadre de la surveillance entomologique dans le Pacifique, voire à l’international. La deuxième partie de ma thèse va améliorer les connaissances sur la possible origine des moustiques du Pacifique.

 

5. Le quotidien d’un doctorant, c’est quoi?

C’est beaucoup de travail et de remise en question : qu’est-ce-que je fais ? En quoi ça va me servir par la suite ? qu’est-ce que ça pourrait apporter à la recherche ou à la santé publique ? …

C’est de la découverte de nouvelles connaissances et techniques. La thèse offre la possibilité d’interagir avec des chercheurs, spécialistes et d’autres doctorants et d’obtenir ainsi différents points de vue sur ton travail. Ce qui permet de pas rester bloqué sur un problème lors d’une manipulation qui ne fonctionne pas par exemple.

 

6. Le moment où vous vous êtes dit : je veux faire de la recherche ?

C’était durant mon stage de master où j’ai réellement découvert la recherche effectuée au sein de l’Institut Pasteur et là je me suis dit « aller on va continuer ».

 

7. Quelles sont vos plus belles réussites ? 

Je ne vais pas vraiment parler de réussite mais s’il y a une chose dont je suis fière c’est que toutes ces expériences m’ont rendu plus mature sur le plan scientifique. Je prends plaisir à me questionner sur mon travail à ne pas me laisser guider par le quotidien mais plus par ma réflexion. Malgré toujours une petite peur de faire une présentation, je suis plus confiante dans mes propos.

 

8. Quelles sont, selon vous, les principales qualités que doit avoir un doctorant?

Pour faire une thèse, en dehors des qualités que l’on devrait avoir, il faut avant tout être convaincu que c’est ce que l’on veut faire. En termes de qualités, je pense qu’il faut surtout avoir un background sur le sujet que l’on veut étudier.

 

9. Quelle place accordez-vous au hasard (opportunités, rencontres, chance…) dans votre travail de recherche ?

Pour moi, le hasard n’existe pas. J’accorderais plus d’importance au travail et à l’initiative personnelle ainsi qu’à la prise de risque. Par exemple, j’avais déjà tout le chemin de tracé pour réaliser une thèse à Madagascar mais je voulais réaliser ma thèse à l’étranger et postuler pour une bourse qui était proposée à l’international. J’ai donc dis non à la facilité et oui au rêve d’une thèse à l’international. Et m’y voilà aujourd’hui en Nouvelle Calédonie. Il y en a plein mais je dirais le vaccin contre les arboviroses. Il n’en existe pas encore pour toutes les arboviroses et celui contre la dengue n’est pas encore tout à fait au point. Mais c’est déjà un bon début dans la prévention contre les maladies vectorielles.

 

10. Quelle est, pour vous, la découverte majeure qui a pu influer l’histoire de la science et de l’humanité ?

Il y en a plein mais je dirais le vaccin contre les arboviroses. Il n’en existe pas encore pour toutes les arboviroses et celui contre la dengue n’est pas encore tout à fait au point. Mais c’est déjà un bon début dans la prévention contre les maladies vectorielles.