ORDALY

Origine et devenir des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans une mangrove se développant en aval d’un bassin versant urbain et comparaison avec une mangrove préservée aux îles Loyautés

Cyril Marchand
Pollution dans la mangrove de la Conception © Cyril Marchand

Les HAP sont des contaminants organiques dangereux pour l’homme et l’environnement qui sont fortement sous-étudiés en Nouvelle-Calédonie.

Ce projet vise à quantifier les HAP et à appréhender leur dynamique sur le littoral urbain.

Une étude approfondie sur leur distribution au sein de la mangrove et les eaux à proximité de la commune de Dumbéa, ainsi que sur le rôle de la matière organique dans la dynamique des HAP est envisagée.

 

Durée de projet 7 mois

Date de début projet
mai 2021
Date (estimée) de fin de projet
décembre 2021
Organisme porteur du projet
Porteur de projet
UNC

Responsable scientifique

Porteur du projet
Cyril Marchand
Equipe de recherche / laboratoire

Institut de Sciences Exactes et Appliquées

:
290263
Partenaires associés

Pollution dans la mangrove à côté du Médipôle - Sarah Robin
Pollution dans la mangrove à côté du Médipôle © Sarah Robin

Malgré les efforts de rééquilibrage, la population n’a cessé de croître en zone urbaine dans le grand Nouméa.

À Dumbéa, la population a augmenté de 33% en 10 ans, faisant de cette commune la 2ème plus peuplée du territoire (35 800 habitants en 2019) (Insee-Isee, 2020). En conséquence, de nombreuses infrastructures urbaines ont vu le jour, créant un véritable conflit entre préservation des écosystèmes côtiers et développement économique et urbain.

Comme tout écosystème sous pression anthropique, la mangrove fait face à de multiples formes de pollutions, notamment des apports en contaminants depuis les bassins versants. Parmi elles se trouve la pollution aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ce sont des polluants dangereux car ils sont persistants dans l’environnement, bioaccumulables, peuvent être transportés sur de longues distances, et sont toxiques pour les humains et l’environnement (cancérigènes, mutagènes…) (Brimo, 2017).

Ces contaminants sont transportés dans la mangrove par plusieurs voies (atmosphérique, ruissellement…) et peuvent être piégés, accumulés ou transférés vers les écosystèmes adjacents (baies, herbiers, lagon…).

Il est donc primordial de comprendre la dynamique de ces contaminants en zone côtière, notamment dans ces zones à forte densité de population où la pêche est abondamment pratiquée.

 

Sarah Robin
Pollution dans la mangrove à côté du Médipôle © Sarah Robin

Dans ce projet, nous cherchons à répondre aux questions suivantes :

- Quels sont les HAP que l’on retrouve le long des littoraux urbains, en quelles quantités et quelles sont leurs origines ?

- Existe-t-il un transfert des HAP depuis un bassin versant urbain vers le littoral et spécifiquement vers les mangroves ?

- Les différences avec une mangrove préservée et éloignée de toute pression anthropique (Ouvéa) sont-elles significatives ?

- Les mangroves urbaines ont-elles la capacité d’immobiliser les HAP sur le moyen terme ou sont-elles simplement un milieu de transit entre les zones urbaines et le lagon ?

- Quels sont les processus biogéochimiques subis par ces contaminants au sein des sols de mangrove ? Les phases porteuses évoluent-elles en fonction des strates ou des variations saisonnières ? Les HAP peuvent-ils être dégradés ou accumulés dans les différentes strates au cours du temps ?

- Existe-t-il un transfert des HAP vers les tissus des palétuviers ? Si oui, y-a-t-il une différence de dynamique de ces contaminants en fonction de l’espèce de palétuvier ?

- La plaque d’oxyde de fer formée à la surface des racines d’Avicennia marina immobilise-t-elle ou exclut-elle les contaminants et en quelle quantité ?

- La qualité (composition moléculaire) de la matière organique présente dans les sols de mangrove influence-t-elle la dynamique des HAP ?

Sarah Robin
Pollution dans la mangrove à côté du Médipôle © Sarah Robin

Dans un premier temps, les échantillons de sols, de végétaux (racines et feuilles) et d’eaux (eaux interstitielles et eau de baie ou de rivière) seront collectés pour 2 espèces de palétuviers (Avicennia marina et Rhizophora stylosa) aux deux saisons (saison sèche et humide). Trois sites ont été choisis pour cette étude :

1) Anse Apogoti à Dumbéa – pression anthropique faible

2) Médipôle à Dumbéa – pression anthropique élevée

3) Ouvéa – site de référence car aucune pression anthropique

Des analyses physico-chimiques, granulométriques, minéralogiques et élémentaires seront réalisées sur les échantillons de sol à l’ISEA. Ensuite la matière organique (MO) sera caractérisée dans le sol à l’ISEA également avec la GC/MS. Enfin, les 16 HAP prioritaires seront extraits des différents échantillons et analysés par GC/MS à l’ISEA également.